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Idées commerciales

Le marché funéraire : un business lucratif dans lequel vous lancer ?

Par  L'Équipe Masterschool

Il existe des business dont on ne parle jamais. Soit parce qu’ils sont à la limite de la légalité, soit parce qu’ils traînent derrière eux des relents sulfureux ou des tabous. Vous pensez aussitôt aux armes, bien sûr, mais aussi au marché du sexe… et à celui de la mort, peut-être plus encore « confidentiel » que les autres.

Le marché des obsèques, en France, est très encadré par la législation et, si vous n’en entendez jamais parler, c’est tout simplement parce que l’idée de mourir ne met pas forcément le cœur du consommateur en joie. 

C’est pourtant un « vrai » marché qui est, vous allez le voir, extrêmement porteur. Et de nombreux entrepreneurs se sont lancés à la conquête de ce secteur hors normes, quitte à en dépoussiérer un peu les fondations !

Dans les temps anciens, on célébrait la perte d’un proche par plusieurs jours officiels de deuil, par des chants, des poèmes, des danses, par des masques mortuaires et des cérémonies…

Aujourd’hui, la mort est comme la vieillesse : cachée, honteuse. Comme si aucun d’entre nous n’allait forcément croiser sa route, quel que soit le chemin que l’on emprunte !

Or le marché funéraire est en plein essor et va vous réserver des surprises…

Car, même au fond du tombeau, on n’échappe pas aux tendances : nouvelles technologies, high-tech, écologie et développement durable… Vous allez découvrir que le marché de la mort fait vendre, et bien vendre !

Dans cet article, nous allons donc nous intéresser à ce business… mortel.

Marché de la mort en chiffre

Le marché de la mort en chiffres

Une croissance régulière

L’un des avantages de ce marché est qu’il ne connaîtra jamais de crise. Avec une moyenne de 550 000 décès par an en France, le secteur funéraire génère un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.

Selon une récente étude de Xerfi-Precepta, la croissance moyenne du marché est de 3 %, avec de belles perspectives d’ici 2020. Le taux de marge étant de 10 % en moyenne sur le secteur, les entrepreneurs ont donc tout intérêt à s’intéresser à ce business !

Les différents acteurs du marché

Traditionnellement, le marché funéraire se partage entre trois typologies d’acteurs : les entreprises de pompes funèbres pour commencer, bien sûr. Puis, les spécialistes des contrats obsèques et d’assurance vie et, enfin, des associations spécifiques comme les Petits Frères des Pauvres, Aide au Veuvage, etc.

Ce sont les professionnels traditionnels vers lesquels les familles se tournent lors du décès d’un proche. Vous allez voir qu’en effet, la législation impose un certain nombre de critères pour prétendre exercer cette activité.

Les nouveaux acteurs

De nouveaux acteurs arrivent : qu’il s’agisse d’entreprises de pompes funèbres ayant opté pour un marché « de niche » – comme l’écologie – ou des entrepreneurs proposant des options ou des applis originales, tel « Photo Défunt » vendant en ligne des plaques funéraires sur mesure, personnalisées avec la photographie du défunt.

Si vous ne souhaitez pas vous lancer dans toutes les démarches juridiques obligatoires pour exercer dans les pompes funèbres et/ou si cette activité n’est pas votre tasse de thé, vous pouvez donc choisir la troisième approche, comme vous allez le voir dans la seconde partie de cet article...

Obligations à connaître sur le marché funéraire

Les obligations à connaître avant de vous lancer

Les pompes funèbres

On ne s’improvise pas professionnel des pompes funèbres. Pour commencer, on doit demander une habilitation, délivrée par le Préfet. Pour l’obtenir, l’entreprise doit assurer les prestations légales – organisation des funérailles ; inhumations, crémations et exhumations ; transport du corps ; fourniture de cercueils, d’urnes et d’accessoires… C’est donc un investissement de départ très lourd, et qui nécessite des compétences pointues, comme la thanatopraxie.

Les dispositions légales concernant les corps

La loi encadre strictement la manière dont doivent être traités les corps des disparus. Par exemple, en cas de crémation, les cendres ont exactement le même statut légal qu’un corps. Il est strictement interdit de les conserver chez soi, même dans une urne spécialement dédiée, du moins après un délai d’un an laissé à la famille pour décider de quelle manière les enterrer ou les disperser.

De très nombreuses restrictions existent et, pour ceux qui souhaitent investir dans ce secteur, mieux vaut prendre ses précautions : nul n’est censé ignorer la loi !

Ces entrepreneurs qui révolutionnent le marché funéraire

Simplification des funérailles, incinérations beaucoup plus fréquentes… Les Français se tournent vers d’autres genres de pratiques : plus modernes, plus écolos… Voici quelques exemples de nouveaux produits ou services proposés par ces entrepreneurs audacieux :

Devis en ligne…

Il y a seulement une dizaine d’années, demander des devis en ligne et comparer les offres des entreprises de pompes funèbres était tout simplement impensable. Pourtant, selon une association de consommateurs – « Familles rurales » –, la même prestation peut coûter jusqu’à cinq fois plus cher selon les entreprises choisies !

Certains profitent de la détresse des familles pour augmenter « légèrement » leurs marges… Mais ce temps-là est passé. Les obsèques ne seront jamais considérées comme une prestation banale, mais les consommateurs savent désormais qu’il est normal de faire jouer la concurrence.

Services pour simplifier la mort

Des services pour simplifier la mort

Lors du décès d’un proche, les procédures administratives s’ajoutent à la peine et prennent souvent des allures de dédale kafkaïen.

Un entrepreneur a donc décidé d’inventer un produit spécifique, dépoussiérant par la même le monde funéraire : Simplifia, une start-up lyonnaise, propose un pack qui permet aux clients la prise en charge de toutes les démarches administratives liées à un décès : résiliation des abonnements EDF, téléphoniques, etc., clôture des comptes bancaires, déclarations aux impôts, à la sécurité sociale, aux assurances-vie…

Packs « tout compris »

Dans le même ordre d’idée, mais avec une offre plus étendue, la jeune société AdVitam se veut résolument moderne et pratique. On se croirait presque dans une agence de voyages pratiquant le « all inclusive »… Dans les forfaits qu’elle propose à ses clients sont incluses les démarches administratives citées plus haut, ainsi que toute l’organisation des funérailles proprement dites.

Des obsèques littéralement « clefs en main », pour permettre à leurs clients de tout déléguer sans peur de « se faire avoir ».

Dans la troisième et dernière partie de cet article, nous parlerons des évolutions de ce marché surprenant !

Le marché funéraire et ses évolutions… surprenantes !

Obsèques écolos

Une autre grande nouveauté dans le monde funéraire : l’écologie. Nous vous avons parlé de la tendance de plus en plus marquée pour la crémation. Il y a pourtant fort à parier que cette tendance va s’inverser. Pourquoi ? Tout simplement parce que la crémation n’est pas écolo ! Le corps doit être soumis à une température moyenne de 850° pendant environ une heure trente, ce qui nécessite l’utilisation de 27 litres d’essence, sans même parler des émissions de CO2 et de dioxines.

L’inhumation n’est pas plus écologique, en termes de bilan carbone, en fait, puisqu’elle dégage presque quatre fois plus de CO2 – creusement de la tombe, fabrication du cercueil, transport du corps, etc.

Vivre en protégeant la planète pour « tout gâcher » lors de sa mort ? Pas question !
Les obsèques écolos ont donc le vent en poupe…

L’aquamation

Encore interdite en France, elle est désormais autorisée au Canada, en Australie, dans certains États américains… nul doute que notre législation, à terme, va s’adapter !

L’aquamation est une inhumation aquatique. Le principe est de dissoudre le corps dans l’eau, jusqu’à la transformation du squelette en fines particules. Non polluante, non contaminante, demandant très peu d’énergie… l’eau récoltée après dissolution peut même servir à fertiliser les sols. Un rêve d’écologiste…

Les cercueils en carton

Cette méthode-là vous est certainement connue : il s’agit tout simplement de remplacer les cercueils traditionnels, à composants en bois ou métalliques, en matériaux entièrement recyclés et recyclables : le carton est composé de particules de cellulose. Cette pratique est légale en France, mais le fabricant doit avoir reçu un agrément spécifique pour sa commercialisation.

Économique, biodégradable, personnalisable… Le cercueil en carton est sans aucun doute l’avenir de l’inhumation « classique ».

Devenir un arbre

Devenir un arbre…

Vous connaissez sûrement les urnes funéraires écologiques : entièrement biodégradables, elles sont destinées uniquement à la dispersion future des cendres, et non à leur conservation.

Une nouvelle pratique a vu le jour ces dernières années, et rencontre un succès éclatant : l’urne bio conçue pour s’implanter directement dans la terre et permettre à une graine d’arbre de s’enraciner. Mourir en donnant la vie… aussi poétique qu’écologique, aussi symbolique que respectueux de l’environnement.

Jusqu’à ces dernières semaines, ce type d’inhumation était légal en France, mais l’urne devait être enterrée uniquement en pleine nature et après consentement de la commune.
La législation évolue et la première forêt cinéraire vient tout juste d’ouvrir ses portes – si l’on peut dire – en France, en Haute-Garonne pour être précis. C’est un endroit destiné à l’inhumation des urnes funéraires biodégradables : pas de clôtures, pas de gravures sur les troncs, pas d’objets ni de fleurs à déposer sur les « tombes ». Juste une zone de silence… et des arbres.

Étrangement, les pratiques funéraires modernes semblent peu à peu se rapprocher des anciens rites de nos ancêtres. Les corps étaient brûlés, inhumés en pleine mer ou dans des cours d’eau, enterrés au pied des arbres, etc.

À cette sorte de « retour aux sources », on assiste en parallèle à une modernisation radicale du marché de la mort : des applis, des packs, des devis en ligne…

Le business des funérailles n’échappe pas aux évolutions de la société et ne peut donc que vous intéresser !

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